En 2016, LinkedIn changeait de camp pour rejoindre Microsoft, tandis que YouTube appartient à Google depuis déjà 2006. Twitter et Snapchat, eux, restent hors du cercle fermé des GAFAM. Les grands réseaux sociaux ne se partagent pas entre géants, chaque acquisition déplaçant les lignes de force d’un secteur où l’indépendance est devenue l’exception.
Ce partage des plateformes sociales entre ces mastodontes réorganise la rivalité, insuffle de nouveaux rythmes à l’innovation et rebat les cartes de l’accès aux données. Qu’une plateforme se fonde dans un écosystème ou choisisse l’autonomie, ce n’est jamais anodin : ces orientations pèsent sur nos usages, sur les logiques économiques, et dépassent largement la simple question de propriété.
Les GAFAM : qui sont-ils vraiment et pourquoi dominent-ils le web ?
Derrière le sigle GAFAM se cachent cinq colosses : Google (Alphabet), Apple, Meta (ex-Facebook), Amazon et Microsoft. Leur pouvoir modèle l’économie numérique à l’échelle planétaire. Leur influence s’étend de la gestion des données personnelles à la façon dont nous accédons à l’information, aussi bien au travail qu’à la maison.
Pour mieux saisir leur rôle, voici une synthèse de leurs domaines d’action principaux :
- Google (Alphabet) s’est taillé la part du lion avec son moteur de recherche, ses nombreux services annexes et sa suprématie sur la publicité en ligne.
- Microsoft occupe une place à part grâce à ses logiciels, son cloud, et la mainmise sur LinkedIn, le géant des réseaux professionnels.
- Meta agrège les plateformes sociales de masse : Facebook, Instagram et WhatsApp règnent sur la vie numérique quotidienne de milliards de personnes.
- Apple verrouille son univers matériel et logiciel, imposant ses règles sur la distribution d’applis et l’accès aux appareils.
- Amazon domine le commerce en ligne et propulse son activité cloud via AWS.
Leur suprématie ne tient pas du hasard : ils captent l’attention, rassemblent des millions d’utilisateurs et exploitent une montagne de données. Cette prédominance suscite régulièrement des débats sur la position dominante et le contrôle qu’ils exercent sur les réseaux sociaux et nos outils numériques. En s’appropriant des plateformes majeures (YouTube pour Google, LinkedIn pour Microsoft, Instagram et WhatsApp pour Meta), ils tracent des frontières précises et verrouillent leur sphère d’influence.
Leur force réside aussi dans leur capacité à croiser les données et à imposer leurs propres standards, consolidant un pouvoir sans partage sur l’économie numérique. Pour les outsiders, le champ d’action se réduit à vue d’œil.
À quel groupe appartiennent les réseaux sociaux les plus connus ?
Le marché des réseaux sociaux s’articule autour de quelques géants qui renforcent leur hégémonie par des rachats bien calculés. Meta (ex-Facebook) détient aujourd’hui une collection inégalée : Facebook, Instagram, WhatsApp et Messenger. Cette galaxie touche tous les publics, des amateurs de contenus légers aux adeptes de la messagerie privée.
Dans la sphère professionnelle, Microsoft a mis la main sur LinkedIn en 2016 pour plus de 26 milliards de dollars. Cette plateforme est le point d’ancrage des réseaux d’affaires et des échanges professionnels, parfaitement intégrée à la suite Microsoft 365, ce qui renforce encore la position du groupe auprès des entreprises et des travailleurs.
Côté contenus vidéo, YouTube appartient à Google (Alphabet) depuis 2006. Devenu le symbole mondial du partage audiovisuel, YouTube s’est imposé sur un terrain très différent de celui de LinkedIn ou des réseaux Meta.
Pour clarifier l’attribution des grands réseaux, voici un panorama :
- LinkedIn : Microsoft
- YouTube : Google (Alphabet)
- Facebook, Instagram, WhatsApp : Meta
Ce découpage souligne un partage net, chaque acteur protégeant son pré carré et visant des cibles spécifiques : grand public, professionnels ou loisirs numériques.
Pourquoi Google et Microsoft n’ont pas le même portefeuille de réseaux sociaux
Les choix stratégiques des GAFAM sur le terrain des réseaux sociaux ne doivent rien au hasard. Chacun trace sa route selon sa vision et son expertise. Google (Alphabet) a misé sur la vidéo sociale en rachetant YouTube dès 2006. Cette acquisition a transformé la plateforme en référence mondiale, permettant à Google d’exploiter la viralité des contenus, la puissance de l’image et l’analyse de données à très grande échelle, tout en s’appuyant sur son savoir-faire en publicité et en moteur de recherche.
Microsoft, de son côté, a fait un choix radicalement différent. Avec le rachat de LinkedIn en 2016, il s’est imposé sur le créneau du réseau social professionnel. Ce choix n’est pas anodin : il s’inscrit dans la logique d’un écosystème tourné vers l’entreprise, la collaboration et la productivité. LinkedIn s’imbrique dans Microsoft 365, renforce la gestion des identités professionnelles et complète l’offre à destination des organisations.
Pour mieux distinguer les orientations, voici un récapitulatif :
- Google : grand public, contenus vidéo, collecte massive de données via YouTube
- Microsoft : B2B, réseau professionnel, intégration avec des outils dédiés aux entreprises
Cette spécialisation est le fruit de leur évolution respective. Google a tenté sans succès d’imposer un réseau généraliste (Google+ en est le parfait exemple d’échec). Microsoft, au contraire, n’a jamais cherché à séduire le grand public sur le terrain du social, préférant tisser sa toile dans l’univers professionnel. En somme, LinkedIn et YouTube incarnent deux manières d’envisager le numérique : l’une tournée vers l’expertise et les relations d’affaires, l’autre vers la création et la consommation de contenus grand public.
L’influence des GAFAM sur nos usages et l’évolution des plateformes sociales
Les GAFAM imposent leur rythme à la toile et redessinent nos pratiques. Meta concentre la majorité des applications sociales généralistes : Instagram, Facebook, WhatsApp. Google règne sur la vidéo sociale via YouTube. Microsoft s’affirme comme l’acteur central du B2B grâce à LinkedIn.
Cette distribution des rôles n’a rien d’anodin. Les réseaux des GAFAM ne se contentent plus de connecter : ils filtrent, hiérarchisent, dirigent l’attention. Leur arsenal algorithmique façonne ce que chacun découvre, lit ou partage. L’intelligence artificielle, désormais au cœur de leurs stratégies, accentue cette maîtrise. Les interfaces évoluent, les suggestions se personnalisent, les priorités éditoriales s’ajustent au fil des usages.
Les enjeux dépassent la simple question de contenus. La gestion des données personnelles prend une place centrale. Les débats sur la vie privée s’invitent partout. Détenant la quasi-totalité des réseaux dominants, les GAFAM disposent d’une vision à 360° sur nos comportements et nos interactions.
Pour mieux cerner l’influence de chaque groupe, voici un aperçu :
- Meta façonne la socialisation à grande échelle.
- Google attire et retient grâce à la vidéo et à la recherche.
- Microsoft structure la vie professionnelle en ligne.
À travers ces plateformes, la publicité ciblée, la monétisation des contenus et la capacité à peser sur l’opinion publique prennent une ampleur sans précédent. Le fait que quelques acteurs concentrent la quasi-totalité des réseaux sociaux n’est pas sans conséquences sur l’équilibre démocratique et la souveraineté numérique. Le débat reste ouvert… et il n’a jamais été aussi brûlant qu’aujourd’hui.


